23 000 Français attendent une greffe : voici les 6 organes que l'on peut donner même à 80 ans

23 000 Français attendent une greffe : voici les 6 organes que l'on peut donner même à 80 ans

Chaque année en France, des milliers de personnes attendent un appel salvateur qui pourrait leur offrir une seconde chance. Aujourd'hui, 23 294 patients figurent sur les listes d'attente nationales pour une greffe d'organe, et cette réalité médicale demeure largement méconnue du grand public. Le don d'organes reste un geste altruiste encadré par une législation précise, mais aussi par des croyances et des tabous qui freinent encore les discussions familiales.

Si chaque citoyen français est présumé donneur par défaut, sauf inscription au registre national des refus, la parole des proches reste déterminante au moment du décès. Or, de nombreuses familles ignorent la position de leurs aînés sur ce sujet délicat. Pourtant, un seul donneur peut sauver jusqu'à sept vies et améliorer l'existence de dizaines d'autres grâce aux tissus prélevables. Comprendre quels organes sont concernés et démystifier les idées reçues autour de l'âge constitue un enjeu de santé publique majeur.

Les six organes vitaux éligibles au don post-mortem

Le corps humain renferme plusieurs organes susceptibles d'être transplantés après le décès du donneur. Six d'entre eux sont considérés comme vitaux et font l'objet d'une surveillance médicale rigoureuse avant tout prélèvement. Il s'agit des reins, du foie, du cœur, des poumons, du pancréas et des intestins. Chacun répond à des indications thérapeutiques spécifiques et offre une chance de survie ou une amélioration substantielle de la qualité de vie.

  • Les reins : organes les plus greffés en France, avec près de 3 900 transplantations annuelles.
  • Le foie : deuxième organe le plus fréquemment transplanté, indispensable en cas de cirrhose ou d'hépatite fulminante.
  • Le cœur : greffe réservée aux insuffisances cardiaques terminales non répondantes aux autres traitements.
  • Les poumons : transplantation envisagée pour les maladies pulmonaires obstructives sévères ou la fibrose kystique.
  • Le pancréas : principalement destiné aux patients diabétiques de type 1 avec complications graves.
  • Les intestins : greffe rare, indiquée dans certaines pathologies digestives graves.

Outre ces six organes, sept tissus peuvent également être prélevés : les cornées, les valves cardiaques, la peau, les tendons, les os, les veines et artères, ainsi que les ligaments. Ces tissus permettent de restaurer la vue, de traiter des brûlures graves ou de réparer des lésions orthopédiques.

Aucune limite d'âge pour le don d'organes

Contrairement à une idée largement répandue, l'âge du donneur ne constitue pas un critère d'exclusion automatique. Les équipes médicales évaluent avant tout l'état fonctionnel de chaque organe, et non pas l'âge civil de la personne décédée. Un octogénaire en bonne santé peut ainsi offrir des reins ou un foie parfaitement viables à des receveurs dont la vie dépend de cette transplantation.

« C'est l'état des organes qui est évalué, pas l'âge du donneur. Nous pouvons tous, quel que soit notre âge et notre état de santé, donner un ou plusieurs organes. »

Cette approche médicale pragmatique repose sur des examens biologiques et d'imagerie réalisés en urgence après le décès. Les critères d'attribution des greffons respectent des règles strictes établies par l'Agence de la biomédecine, privilégiant notamment l'urgence vitale et la compatibilité immunologique. L'âge avancé du donneur n'empêche donc nullement un prélèvement réussi, pour autant que l'organe concerné soit intact et fonctionnel.

Le cadre légal et éthique du prélèvement en France

La loi française repose sur le principe du consentement présumé : toute personne majeure est considérée donneuse d'organes et de tissus, sauf si elle a exprimé de son vivant son refus. Ce refus peut être consigné sur le registre national des refus, accessible aux équipes hospitalières au moment du décès. Toutefois, même en l'absence d'inscription, les proches sont systématiquement consultés pour témoigner de la volonté du défunt.

ÉtapeDescription
Constat de décèsDéclaration médicale officielle en milieu hospitalier
Vérification du registreConsultation du registre national des refus
Entretien avec les prochesRecueil de la parole de la famille sur la volonté du défunt
Évaluation médicaleExamens biologiques et d'imagerie des organes
Prélèvement au blocIntervention chirurgicale dans le respect du corps
Restitution du corpsRestauration complète, pansements, remise à la famille

Le prélèvement d'organes s'effectue exclusivement au bloc opératoire, dans les mêmes conditions de rigueur qu'une intervention chirurgicale classique. Après l'opération, le corps est restauré avec soin : les incisions sont refermées, des pansements sont appliqués, et le défunt est présenté à sa famille dans le respect de sa dignité. Aucune mutilation n'est visible, et les rites funéraires peuvent être célébrés normalement.

L'importance du dialogue familial sur le don d'organes

Bien que la loi soit claire, le silence autour du don d'organes reste un obstacle majeur. De nombreuses familles se retrouvent démunies face à une décision qu'elles doivent prendre dans l'urgence et le chagrin. Exprimer sa volonté de son vivant, que l'on soit favorable ou opposé au don, facilite considérablement le travail des équipes de coordination hospitalière et apaise les proches au moment du deuil.

Aborder ce sujet avec ses enfants, ses parents ou son conjoint ne nécessite aucune formalité administrative. Il n'existe pas de carte de donneur officielle en France : c'est la transmission orale de sa décision qui prime. Une simple discussion autour de la table familiale, un courrier ou un message écrit peuvent suffire à clarifier sa position et à éviter que les proches ne s'opposent au prélèvement par méconnaissance de la volonté du défunt.

Comment aborder le sujet en famille

  • Choisir un moment calme, sans urgence ni tension émotionnelle.
  • Partager ses convictions personnelles sur la solidarité et l'entraide.
  • Expliquer les bénéfices concrets pour les patients en attente de greffe.
  • Écouter les craintes et les interrogations de chacun sans jugement.
  • Rappeler que le refus est également un droit respecté par la loi.

Les chiffres du don et de la greffe en France

En 2025, 1 590 personnes ont accepté de faire don de leurs organes après leur décès, permettant la réalisation de 6 148 greffes. Ces chiffres témoignent d'une mobilisation croissante, mais restent insuffisants face aux besoins. La même année, 966 patients sont décédés alors qu'ils figuraient sur liste d'attente, faute de greffon disponible dans les délais.

Le rein demeure l'organe le plus sollicité, suivi du foie. Les délais d'attente varient considérablement selon l'organe et la gravité de l'état du patient. Certaines personnes attendent plusieurs années avant de recevoir un appel, tandis que d'autres bénéficient d'une greffe en urgence vitale. L'attribution des greffons obéit à des algorithmes médicaux stricts, tenant compte de la compatibilité tissulaire, de la distance géographique et surtout de l'urgence médicale.

Ces données rappellent que le don d'organes n'est pas un acte symbolique, mais une nécessité vitale pour des milliers de malades et leurs familles. Chaque jour, deux à trois personnes décèdent en France parce qu'elles n'ont pas reçu de greffe à temps.

Démystifier les craintes et les idées reçues

Plusieurs croyances erronées persistent autour du don d'organes. Certaines personnes craignent que les médecins ne fassent pas tout leur possible pour les sauver si elles sont inscrites comme donneuses. D'autres pensent que leur religion interdit le don, alors que la plupart des grandes confessions l'encouragent au nom de la charité et de la solidarité.

Le prélèvement d'organes ne peut intervenir qu'après un constat de décès établi par deux médecins indépendants de l'équipe de transplantation. Le processus est encadré par des protocoles stricts garantissant le respect de la personne et la transparence médicale. Par ailleurs, aucun coût n'est supporté par la famille du donneur : tous les frais liés au prélèvement sont pris en charge par l'établissement hospitalier.

Ces informations ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Pour toute question médicale ou juridique relative au don d'organes, consultez votre médecin traitant ou contactez l'Agence de la biomédecine.

Questions fréquentes

Peut-on donner ses organes si l'on a une maladie chronique comme le diabète ou l'hypertension ?

Oui, une maladie chronique ne constitue pas automatiquement une contre-indication au don d'organes. L'équipe médicale évalue au cas par cas l'état fonctionnel de chaque organe. Même avec un diabète ou de l'hypertension, certains organes peuvent rester parfaitement transplantables et sauver des vies.

Comment les proches sont-ils informés lorsqu'un prélèvement d'organes est envisagé ?

Une équipe de coordination hospitalière rencontre les proches pour recueillir la volonté exprimée par le défunt de son vivant. Cet entretien se déroule dans le respect et la dignité, en expliquant le processus médical et en répondant à toutes les questions. Les proches ne décident pas à la place du défunt, ils témoignent de sa volonté.

Quels sont les délais entre le décès et le prélèvement des organes ?

Le prélèvement d'organes doit intervenir rapidement après le décès pour garantir la viabilité des greffons. Les équipes médicales agissent dans un délai de quelques heures, le temps de réaliser les examens médicaux nécessaires, de consulter le registre des refus et de recueillir le témoignage des proches.

Peut-on choisir à qui seront donnés nos organes après le décès ?

Non, il est impossible de choisir le receveur. L'attribution des greffons obéit à des critères médicaux stricts définis par l'Agence de la biomédecine : compatibilité immunologique, urgence vitale, distance géographique. Ce système garantit l'équité et l'efficacité médicale du processus de greffe.

Le don d'organes retarde-t-il l'organisation des funérailles ?

Le prélèvement d'organes peut entraîner un léger délai dans la restitution du corps à la famille, généralement de 24 à 48 heures. Toutefois, les équipes hospitalières veillent à minimiser ce délai et à faciliter l'organisation des obsèques. Le corps est rendu dans le respect des rites funéraires souhaités.

Sarah André

Écrit par Rédactrice Santé

Sarah André

Sarah est titulaire d'un master en santé publique et a collaboré pendant six ans avec plusieurs titres de vulgarisation médicale. Arrivée chez Gravity 13 en 2021, elle couvre les thématiques Médecine, Nutrition et Santé publique en privilégiant les études cliniques récentes et les recommandations institutionnelles vérifiées.

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